15 January 2011

Tou-Bichvat, la Fête des Sionistes !

La fête de Tou-Bichvat (cette année elle sera célébrée le 20.01.2011), le Nouvel An des Arbres, occupe une place tout à fait particulière dans le calendrier des fêtes juives. Si la plupart sont intimement liées à la Terre d’Israël, Tou-Bichvat ne pourrait se concevoir sans la Terre d’Israël. C’est une fête qui est née sur cette terre et s’est développée sur son sol. Pour la fêter pleinement, selon l’esprit et la lettre, il faut se trouver en Israël. Car c’est ici que l’on voit la terre commencer à sortir de l’hiver, les arbres bourgeonner et répandre des odeurs qui annoncent la venue du printemps.
Le quinzième jour du mois de chevat (ט''ו prononcez « tou » veux dire : ט = 9 et ו= 6, en tout cela fait 15) n’apparaît pas dans la Bible mais dans la Mishna, où il est appelé « Nouvel An de l’Arbre » (roch hachana la’ilan). Il existe quatre « nouvel an » dans le judaïsme :
Le premier Nissan (nom d’un mois du calendrier hébraïque) est le nouvel an des rois et des fêtes de pèlerinage.
Le premier Eloul est le nouvel an des dîmes et des animaux.
Le premier Tichri est le nouvel an des années ordinaires, des années sabbatiques et des jubilées, des pousses et des légumes.
Le quinze du mois de Chevat est le nouvel an des arbres.

Le nouvel an des arbres a été fixé en fonction des conditions climatologiques. Avant d’être exilé par les Babyloniens et par les Romains, le peuple d’Israël observait la nature pour constater qu’au mois de Chevat, après les pluies, les arbres reprenaient leur croissance.
La Michna (Roch Hachana) justifie ainsi le choix de Rabbi Hillel qui enseigna de fêter Tou Bichvat le quinze de ce mois et non le premier comme l’initiait l’école de Shammaï. Il expliquait que la majeure partie de la saison des pluies a lieu entre le premier et le quinze chevat.
Rachi (1040 – 1105) expliquait sur cette pensée: «… que la saison des pluies est en grande partie passée (après le quinze du mois de chevat), la sève monte à nouveau dans les arbres et dès lors, les fruits commencent à mûrir. »
N’oublions pas que l’année 5771 du calendrier hébraïque (notre année), se trouve dans une année embolismique: (Intercalation dans le calendrier d’un mois supplémentaire qui permet de faire coïncider l’année lunaire avec l’année solaire.) Nous avons cette année deux mois d’Adar et ainsi, tout ce qui vient de se dire auparavant, devra être déplacé d’un mois en plus car la majorité des pluies tombera cette année surement entre le premier et le quinze du mois d’Adar א (J’ai trouvé un site d’internet (très intéressant) sur les principes et les calculs du calendrier hébraïque : www.calj.net/intro )

La pensée juive accorde une place importante à l’acte de planter : les sages d’Israël y ont vu le modèle de l’acte d’enraciner ou de déraciner la foi dans le cœur de l’homme. Abraham p. ex. « planta un Tamaris à Beer-Sheva et là il invoqua le D. éternel » (Gen. 21; 33)
A l’homme, élu parmi toutes les œuvres du Créateur, D. a commandé d’adopter une conduite particulière envers la Création tout entière, de la travailler et de la préserver. Sa Torah d’Israël le guide et le dirige, afin de prouver sa supériorité sur toutes les créatures de l’univers. L’homme a reçu l’ordre de ne pas faire souffrir les animaux et le Juif a reçu l’ordre de veiller à la sainteté de l’arbre : « Car l’homme est comme l’arbre des champs. » (Si tu assièges une ville depuis longtemps pour la combattre et la prendre, tu n'en détruiras pas l'arbre en y portant la hache, car c'est de lui que tu te nourriras et tu ne dois pas l'abattre, car l'arbre des champs est comme un homme que tu assièges. Seul l'arbre dont tu sais qu'il ne porte pas de fruit comestible tu pourras le détruire et le couper, et tu l'utiliseras pour les besoins du siège de la ville qui fait guerre contre toi, jusqu'à sa chute. Deut. 20 ;19)

Cette tendresse particulière pour la végétation trouve aussi son expression dans les textes de nos Sages qui décrivent le monde des arbres avec beaucoup de poésie :
« On dirait que les arbres conversent les uns avec les autres (Genèse Rabba 43).
« Lorsqu’on abat un arbre fruitier, son cri va d’un bout du monde à l’autre, mais personne n’entend sa voix. » (Pirkéi de Rabbi Elieser 34)
Et Rabbi Yokhanane ben Zakaï, qui créa de nouveau un Sanhédrin à Yavné, juste après la destruction du deuxième Temple, en 70 de notre ère par Titus, de commenter: « Si tu tiens en main une jeune pousse pour la repiquer et qu’on te dise : Le Messie arrive… Commence par planter ta pousse, puis va accueillir le Messie… » (Aboth de Rabbi Nathan 52)
« Et lorsque vous entrerez dans le pays de Canaan, vous planterez tout arbre fruitier » (Lév. 19; 23) Tanekhouma Kedouchim, un des livre du Talmud nous explique que D. s’adressant à Israël, leur disait : "Même quand vous constaterez que la terre regorge de produits excellents, ne dites pas: Reposons-nous et ne plantons pas. Bien au contraire, astreignez-vous à planter car, de même qu’en entrant vous avez trouvé des arbres plantés par d’autres, de même plantez vous aussi pour vos enfants!"

Cependant l’acte de planter a retrouver sa signification réelle en symbolisant mieux que toute autre, l’esprit pionnier qui pousse et redonne vie au sol ancestral. Le sionisme l’a bien prouvé. Que firent les pionniers juifs arrivant dans ce pays occupé par l’Empire Ottoman, à part de travailler la terre et de planter des arbres d’une main et de l’autre tenir un fusil pour se protéger contre les attaques soudaines des arabes…
D’avoir planter des milliers d’eucalyptus afin de mieux assécher les marais le long de la côte israélienne...
D’avoir créé au cinquième Congrès Sionistes Mondial (1901) l’organisation du Keren Keimet l’Israël (KKL / Fond National Juif) qui entre temps planta plus de 240 million d’arbres dans ce pays, payé par le peuple Juif tout entier. Cela fut une nécessité car pour construire leurs gigantesques réseaux de chemin de fer (1857), les Ottomans décidèrent de déboiser notre région ainsi que la région qui s’appelle aujourd’hui la Jordanie et de se procurer ainsi les « traverses » nécessaires à la construction de leur voie ferrée.

Oui tout cela symbolise mieux que toute autre, l’esprit sioniste qui pousse à redonner vie au sol ancestral. Avec la renaissance du peuple d’Israël sur sa terre, la fête de Tou Bishvat a retrouvé son aspect réel et sa tonalité particulière…
Et comme les arbres, les Israéliens sont enracinés dans leur terre et quel que soit la vigueur d’une vague de délégitimation, elle ne nous déracinera pas de notre droit légitime envers notre pays ancestral.

Bonne fête
à tous!!

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